Les non-consommateurs, une manne à ta portée

Dans mon précédent article, j’ai expliqué comment, avant de « closer » en mode défaite, j’ai une « idée de fou » qui a tout changé. Ce tilt n’est pas apparu par hasard. En ce moment, je m’informe sur les travaux de sociologues et d’économistes qui ont analysé les grandes innovations et les changements naturels de notre société.

Deux personnes se distinguent avec des concepts très intéressants :

  • Joseph Aloys Schumpeter (1883-1950) : il a conceptualisé la « destruction créatrice » qui accompagne toute innovation (aujourd’hui on évoque même la « peur schumpetérienne »)
  • Clayton Magleby Christensen (1952-2020) :  c’est le père de plusieurs concepts clés des grandes évolutions de notre société, comme l’innovation de rupture, créatrice de marché chez les non-consommateurs.

Ce sera notre sujet du jour.

L’innovation de rupture

L’innovation de rupture (disruptive innovation) est une innovation qui bouleverse complètement un procédé, créant une vraie rupture avec l’ancien modèle. Au-delà de la définition, on constate qu’elle a un impact majeur sur le marché existant, autant chez les professionnels que chez les consommateurs.

L’aspect négatif de ce genre d’innovation est souvent mis en avant (les pertes d’emploi et les entreprises qui ferment). Mais en faisant le tour de la question, on peut non seulement remarquer qu’il suffit de quelques mois pour que de nouveaux emplois apparaissent. Mieux encore : l’innovation de rupture est même à l’origine de nouveaux marchés, donc créatrice de millions d’emplois (il y a 50 ans, les métiers de l’informatique n’existaient quasiment pas).

Christensen ajoute que ces nouveaux marchés ne font pas toujours suite à une destruction, car ils sont principalement constitués de non-consommateurs transformés ! L’innovation rend accessible quelque chose qui ne l’était pas auparavant, et pour répondre à ces milliers de personnes qui attendaient leur tour (l’économiste évoque un « marché latent »), il faut créer de nouveaux services, et donc de nouveaux emplois.

C’est exactement ce qui s’est passé lors de mon rendez-vous : mon prospect n’était pas consommateur d’applications informatique sur-mesure, car le tarif des développeurs n’était pas à sa portée. Quant à développer lui-même son application, il n’en avait pas les compétences. Il était à la fois en attente d’une solution, et dans l’incapacité totale d’agir…

La solution que je lui ai proposée (Lovable) a rendu les choses possibles financièrement et techniquement. Et le plus important est que je n’ai enlevé le pain de la bouche de personne, car il n’aurait acheté ce services à personne.

Un autre exemple : l’appareil photo

Prenons l’exemple de l’appareil photo numérique, qui a rapidement remplacé un modèle pourtant installé depuis plus d’un siècle.

La rupture est évidente :

  • Côté coût : même lorsque le but final reste l’impression, le numérique permet de sélectionner ses photos avant tirage. L’économie est évidente et va de pair avec l’écologie (qui est souvent un argument qui rend la non-consommation).
  • Côté rapidité : c’est de l’instantané. Même les polaroïds, avec leurs 5 minutes d’attente, ont été complètement dépassés.
  • Côté facilité : réglages automatiques, autofocus devenu standard, gestion de la lumière, des couleurs… Ce qui était critiqué comme de l’amateurisme est aujourd’hui un argument de vente, y compris sur du matériel professionnel.

Des millions d’utilisateurs de photos, parfois aux revenus modestes, qui peuvent désormais utiliser la photo numérique dans des circonstances variées et pratiques. Cette rupture a été catastrophique pour certains acteurs (ainsi que pour les petites entreprises qui en dépendaient). Il y a donc bien eu une destruction créatrice. Même un géant comme Kodak a dû se recentrer et abandonner le marché des particuliers. Des milliers d’emplois ont disparu.

Mais très rapidement, de nouveaux marchés sont apparus, et avec eux, de nouveaux métiers :

  • Les cartes SD ont remplacé les pellicules. Le marché de la mémoire a fait un bond énorme
  • Les cadres numériques ont trouvé leur place sur un marché de niche, qui dispose de véritables albums-photos numériques. Avec des applications connectées ces appareils font la joie des grands-parents qui aiment prendre des nouvelles de leurs familles en image.
  • Le cloud et le partage instantané ont donné des ailes à de nombreux professionnels (les reporters, par exemple)

Fais ton auto-coaching

L’intelligence artificielle est une innovation de rupture. Elle s’accompagne de destructions créatrices évidentes, mais si un danger menace ton activité, ce n’est pas la vague… c’est ta capacité à surfer dessus.

Mon but dans cette newsletter n’est pas de retracer l’histoire de la photo numérique, ni de faire la promotion des intelligences artificielles comme Lovable (voir mon précédent article). Mon objectif est de t’aider à garder le cap en accompagnant le changement, plutôt qu’en restant figé comme un lapin ébloui par un phare. Arrête-toi quelques minutes et pose-toi la question qui devrait suivre la lecture de chaque message que je t’envoie :

Et moi, qu’est-ce que je peux faire de ça ?

Pense particulièrement à deux opportunités qui peuvent radicalement améliorer ta vie :

  • Proposer de nouvelles offres à tes non-consommateurs. Tu n’as pas besoin d’être un génie pour ça, car tu connais leurs arguments. Observe ton nouveau marché en pensant à tous ces gens que tu pourrais servir en ajoutant de l’intelligence artificielle à tes produits ou services. Est-ce parce qu’il était trop cher, trop compliqué, mal compris ?… L’Intelligence Artificielle peut changer ça !
  • Tu pourrais aussi relancer une activité dans un domaine qui te passionne, mais que tu as abandonné parce qu’il était inaccessible. Dans ce cas, le non-consommateur, c’était toi. Avec une approche orientée IA tu pourrais soulever la bâche posée sur un rêve laissé de côté… Il est possible que ton rêve soit réalisable aujourd’hui.

Parlons-en ! Les commentaires sont faits pour ça.

A++

Stéphane SOLOMON