Une zone d’ombre en action
Le concept psychologique de « l’ombre » est vaste. Il mériterait à lui seul tout un livre, voire plusieurs. Ici, nous nous intéresserons à l’une de ses manifestations les plus fréquentes. Si tu apprends à reconnaître ce type de zones d’ombre, tu pourras mieux comprendre certaines de tes réactions, t’en prémunir… ou parfois t’en servir pour mieux calibrer tes projets. Comme tu vas le voir avec Nadine, elles peuvent influencer nos décisions bien plus qu’on ne l’imagine.
Prenons un exemple ordinaire (fréquent sur les réseaux sociaux) : une jeune mère qui veut faire la promotion de l’Education Bienveillante, décide de s’exprimer sur Facebook. Elle explore différents sujets et est plutôt appréciée. Les critiques étant les compagnons inévitables du succès, elle va commencer à subir les «haters». Tu sais, ces gens qui critiquent violemment les actions des autres, bien planqués derrière leurs claviers.
Parmi les commentaires haineux, on trouvera souvent ce type de pépite :
- Quand on a de grosses cuisses comme les vôtres, c’est une très mauvaise idée de les montrer ! Ce n’est pas très bienveillant pour votre public. Lol !
(Ce n’est qu’un exemple. Tu peux remplacer les cuisses par le nez, la taille, l’âge, les cheveux ou l’absence de cheveux).
Qu’est-ce que ça vient faire là ? La jeune maman parlait du «Terrible Two» et partageait son expérience en se promenant avec ses enfants dans un parc. Certes, elle le faisait en short, mais très franchement le diamètre de ses cuisses ne m’a pas interpellé. Même après avoir regardé la vidéo une deuxième fois pour tenter de trouver des circonstances atténuantes à la folle furieuse qui venait de l’agresser…
Cliquons donc sur le nom de la «scandalisée» pour découvrir son profil : c’est probablement une future Miss France aux cuisses joliment dessinées et au joli minois… Eh bien pas du tout ! À travers les deux ou trois photos qu’elle a publiées (où elle n’est jamais seule), on découvre une femme qui semble tout faire pour rester discrète, se cachant derrière les autres ou choisissant des cadrages qui masquent son corps.
Il reste que ses publications sont plutôt intéressantes. Entre citations célèbres et articles plus élaborés, elle défend également l’Education Bienveillante avec un certain talent, mais sans succès…
Si sa zone d’ombre devait s’exprimer avec intégrité, elle le ferait de cette façon :
«L’autre insolente ose se filmer en baladant ses grosses cuisses dans un parc, alors que je me permets à peine de montrer mon visage en photo. C’est indécent ! Pas la vidéo en elle-même, mais ce courage ! Cette Confiance ! Ce toupet… Comment fait-elle ? Qu’est-ce que j’aimerais bien en faire autant… Mais je ne m’y autoriserai jamais !»
Au lieu de s’inspirer de celle qui sait faire, elle laisse sa zone d’ombre s’exprimer sous forme de critique qui ne représente ni son intelligence ni son niveau d’engagement, et comme on l’a vu, ce «body-shaming» est complètement hors cadre !
Ce qui révèle l’ombre…
Revenons à Nadine
Le travail que nous avons fait avec Nadine a révélé ceci : le comportement qu’elle critiquait vivement chez «les employeurs qui remplacent la moitié de leur équipe par des IA !» était un objectif caché. Inconsciemment, elle aspirait à faire comme eux, mais elle ne s’y autorisait pas. Pas encore…
Sa critique ne concernait pas l’action en elle-même, mais le fait de voir tous ces entrepreneurs oser, là où elle restait bloquée. En essayant les IA quelques mois après mon passage (grâce à un «expert» qui a su la convaincre), Nadine a pu assouvir son fantasme de virer Lionel… Aujourd’hui elle assume cette zone d’ombre, allant jusqu’à me permettre de publier son histoire (en changeant quelques noms et autres détails).
Est-ce qu’en assumant sa zone d’ombre, elle va rappeler Lionel ? Comme tu as pu le lire dans le précédent article, Nadine le trouvait lent et chiant ! Pour elle, le remplacer par ChatGPT n’était pas une épreuve, mais un soulagement. On peut donc reconnaître une zone d’ombre, sans remettre en cause les actions qui en ont découlé. On appelle ça assumer ses actes.
Cependant, cette suppression de poste a envoyé un mauvais signal au reste de l’équipe, et les effets ont commencé à se manifester. Nadine a senti que quelque chose a changé dans la communication avec ses coéquipiers et c’est pour cette raison qu’elle m’a recontacté. Elle ne soupçonnait pas que la «source» était ce changement vis-à-vis des IA et l’éviction de Lionel, puisque tout était tapi dans l’ombre. Pour ma part, j’ai mis le doigt dessus dès les premières minutes ! Elle n’allait pas me la faire deux fois !
Et donc aujourd’hui, je peux utiliser mes outils de coaching basés sur les Intelligences Artificielles sans qu’aucune opposition ne s’exprime chez Nadine. Elle m’a même dit cette phrase que j’entends de plus en plus souvent :
J’aurais dû t’écouter plus tôt !
J’ai une question pour toi
En travaillant sur les zones d’ombre, Nadine a découvert beaucoup de choses intéressantes sur elle et sur son équipe. Au passage, elle m’a confié qu’il y avait une deuxième raison pour laquelle j’ai été interdit d’IA lors de mon premier passage, et qu’il était même possible que cette deuxième raison soit la principale…
Qu’est-ce que ça pourrait bien être ?
Je t’invite à participer à l’énigme…
Allez ! Un indice : C’est une thématique très forte dans le domaine du Développement Personnel. J’ai fait tout un programme dessus il y a quelques années, en ajoutant “++” derrière…
(Ca c’est de l’indice !)
A++
Stéphane SOLOMON