Les «micro-stress», trop souvent négligés

Lorsqu’on évoque le stress, les exemples donnés ainsi que les techniques proposées pour y faire face sont souvent complexes : méditation, yoga, compléments alimentaires, postures et respirations réparatrices d’humeur, etc.

Mais les neurosciences viennent de confirmer une théorie des années 70, qui a longtemps été négligée : les petits désagréments sont plus stressants que les grands. D’ailleurs, ces derniers sont souvent causés par un débordement de la charge mentale, due aux micro-stress quotidiens.

Qu’est-ce qu’un micro-stress ?

Une belle liste vaut mieux qu’un long discours, alors les voici ces sources de micro-stress :

  • Ce stylo qui ne fonctionne pas juste quand on en a besoin et qui nous oblige à aller en chercher un autre sans être sûr qu’il fonctionnera
  • Cette imprimante qui bourre, alors que le courrier à imprimer doit partir dans les 15 minutes
  • Ces clefs, ce téléphone, ou ces lunettes qu’on cherche juste avant de sortir, et qui ont décidé de jouer à cache-cache avec nos nerfs
  • Ces portes qui grincent et qu’on n’ose pas ouvrir quand tout le monde dort
  • Ce tiroir qui reste dans les mains à chaque fois qu’on l’ouvre
  • Cette télécommande qu’il faut placer dans un angle précis pour qu’elle fonctionne
  • Ce casque qui grésille et qui demande de gros efforts de concentration pour comprendre ce que notre correspondant nous dit.
  • etc.

Comparativement au produit qu’il faut lancer avant la fin du mois et qui commence à prendre un sérieux retard ou au gros problème de trésorerie qui s’annonce à cause des clients qui partent en vacances avant de payer, cette liste de petits tracas donne le sentiment que c’est de moindre importance.  h bien ceux qui pensent de cette manière ont tout faux ! Non seulement les petits désagréments ont un impact profond sur le moral, mais en plus, s’ils s’enchaînent ils maintiennent le cerveau dans un état qui provoque de grands stress face à des choses, certes plus complexes, mais qui pourraient être gérées comme des projets motivants, s’ils n’y vait pas tout le reste…

En clair, si tu cumules les micro-stress, tu auras du mal à faire face aux grands !

On peut comparer ce principe à la concentration. On sait que pour atteindre un haut niveau de concentration, il faut éviter les interruptions, ou du moins les écourter (moins de 2 minutes). Une interruption qui dure 5 minutes coûte 3 à 4 fois plus de temps, car après ce moment de déconnexion, il faut retourner dans un état de concentration équivalent à celui qui a précédé l’incident. Ça peut prendre jusqu’à 20 longues minutes, en espérant que personne ne vienne encore nous interrompre pendant ce temps d’immersion.

Le micro-stress a le même effet : il nous oblige à focaliser toute notre énergie pour le gérer le plus vite possible, et pendant ce temps, le véritable stress, celui qui a toutes les raisons d’exister et qui pourrait être stimulant, est mis entre parenthèses. Lorsqu’on y retourne, ce qui était sous contrôle 5 minutes plus tôt devient une montagne insurmontable !

La solution

Puisque les petits problèmes parasitent les beaux projets en les transformant en source de stress, ciblons plutôt les micro-stress pour les éradiquer ! Un stylo qui n’écrit plus ou qui fuit n’a aucune raison de te stresser plus de 3 fois. Débarrasse-toi du problème en t’achetant un autre stylo. Choisis une marque et un modèle qui feront de ce désagrément régulier un lointain souvenir. Même si la démarche te coûte 5 fois plus cher, ce stylo qui écrit en toutes circonstances va te débarrasser de dizaines de micro-stress par an !

Bien sûr, le stylo n’est qu’un exemple. Tu peux remplacer tous les objets inadaptés à ton usage par des outils efficaces et faire en sorte que tes anciennes sources de micro-stress ne te pénalisent plus JAMAIS.

Au-delà des objets inefficaces, d’un matériel capricieux ou d’une application instable, il y a aussi d’autres choses qui à rectifier, qui sont de l’ordre du changement humain. Par exemple, si tu constates qu’un livreur fait souvent la même erreur (en livrant chez le voisin par exemple), tu peux lui expliquer d’où vient son erreur. Et si cette maladresse est commise par beaucoup de livreurs, cela signifie qu’une mauvaise signalisation les induit en erreur et que c’est à ce niveau qu’un changement te débarrassera des micro-stress provoqués par ces «incompétents».

Il y a aussi les changements qui concernent ta personne : en apprenant à mieux communiquer, tu élimineras le stress provoqué par les erreurs de ceux qui ne te comprennent pas. En soignant une douleur qui t’agresse régulièrement (pense à la kiné, la chiropractie ou l’ostéopathie par exemple) tu seras moins sujet aux tensions. Sans oublier le changement d’attitude que tu peux adopter face à certaines choses qui te paraissent inadmissibles, alors qu’un simple changement de principe les rend magiques (ça arrive souvent avec les enfants).

Fais-toi une liste

Tu peux te créer une liste de choses stressantes, afin de planifier des séances de rectification. Par exemple, si j’écris sur ma liste de réparer le tiroir qui flanche, je sais qu’à partir de vendredi prochain ce sera réparé. Rien que le fait de poser une date sur la réparation de la cause, va réduire les effets. Planifier, c’est s’engager ! C’est comme si c’était fait…

Evidemment, j’ai intérêt à m’en occuper le jour prévu, car comme pour tout engagement, si je ne tiens pas ma promesse, la mésestime qui en résultera augmentera le niveau de stress lorsque l’incident se reproduira à nouveau.

Pour ma part, j’ai également embauché une personne qui passe une fois par mois pour réparer tout ce qui claque, grince, s’écroule, ne s’allume plus, clignote, grésille, etc. Je pourrais le faire moi-même, mais honnêtement, ça me stresserait de poncer les volets qui ferment difficilement au lieu de terminer cet article… Les peintres doivent faire de la peinture, les bricoleurs du bricolage, et même si je peux faire tout ça (ou apprendre à le faire), c’est en écrivant ces petits articles que je me sens utile, et donc zen…

Voilà qui devrait t’amener à t’interroger sur ce qui te rend zen… En général, plus tu œuvres dans ton élément, tu te sens à ta place, et donc zen… Serge est dans son élément en faisant du bricolage, et je suis dans mon élément en écrivant des articles d’Auto-Coaching. Tu peux donc remercier Serge pour cet article…

Bénéfices secondaires

Il y a une multitude de cadeaux cachés derrière cette solution anti-micro-stress et les outils qui l’accompagnent. Je vais t’en révéler un qui m’a le plus frappé :

Lorsque je regarde mes listes d’il y a 5 ans et celles d’aujourd’hui, je constate à quel point j’ai évolué ! Etant donné que l’une des recommandations est de faire en sorte que ces micro-désagréments disparaissent à JAMAIS, on retrouve rarement les mêmes items dans sa liste d’une année à l’autre, et même d’un mois à l’autre. Forcément, on change de niveau de vie !

Essaie et donne-mois des nouvelles dans un an !

Un article comme celui-là, ça se partage !
  • Stephane SOLOMON

    A propos de l'auteur

    Stéphane Solomon est coach, auteur et conférencier, spécialisé dans le dépassement de soi. Il est également l’auteur de 15 programmes d’Auto-Coaching sur des sujets tels que la gestion du temps, la confiance en soi, la motivation, la gestion émotionnelle, la communication, la légitimité, etc.